7 juin 2026
Après Psara, nous mettons le cap sur l'île de Chios où nous passons la nuit dans un mouillage très agréable de la côte Sud Ouest.
Le lendemain matin, nous faisons route vers Ikaria.
C'est dans le petit port d'Agios Kyrikos que nous amarrons Bellisa pour quelques jours.

Ikaria est une île au caractère trempé, souvent balayée par les vents. Ici, pas de tourisme de masse mais de simples maisons blanches, des petits villages de montagne, des petites routes sinueuses où l’on croise des chèvres et surtout un état d’esprit unique.
Ikaria est considérée comme l'une des cinq « zones bleues » du monde, des endroits où la population vit régulièrement jusqu'à un âge avancé.
Quel en est le secret ? Une gastronomie locale saine, une joie et une douceur de vivre sans stress, une grande solidarité entre habitants…
Toujours est-il qu'Ikaria est reconnue comme une zone bleue en raison de la prévalence nettement plus faible des maladies chroniques dans cette région.
Les habitants semblent soudés face à la nature hostile, à l’isolement et à la crise.
L’île d’Ikaria tire son nom d’un des mythes les plus célèbres de la Grèce antique.
Dédale, inventeur et artisan renommé, est emprisonné avec son fils Icare par le roi Minos dans le labyrinthe de Crète. Pour s’échapper, Dédale fabrique des ailes en plumes assemblées avec de la cire, destinées à leur permettre de voler hors de la prison. Dédale met en garde Icare de ne pas voler trop près du soleil, car la chaleur ferait fondre la cire qui maintient ses ailes, ni trop près de la mer, car l’humidité alourdirait ses plumes. Pourtant, grisé par la sensation de voler, Icare oublie ces conseils et monte toujours plus haut. La cire fond alors, ses ailes se désagrègent, et il chute dans la mer, où il se noie. En souvenir de cet événement tragique, la mer porte aujourd’hui le nom de mer Icarienne.



La petite ville d'Agios Kyrikos, où nous faisons halte, se situe sur la côte Sud Est et est le port principal et le centre administratif de l'île.








On y trouve un petit musée archéologique très intéressant, financé par un mécène issu de la diaspora.
Le musée est installé dans un bâtiment d'architecture néo-classique, un ancien gymnasium (école secondaire) construit en 1925.

Les découvertes archéologiques proviennent de différentes fouilles, ainsi que d'épaves.
Ikaria étant également une terre viticole, les "taste-vin" locaux étaient indispensables...


Très belle collection de lampes à huile, dont certaines très originales.




Les objets du quotidien sont également mis en valeur.


Nous terminons la visite par la projection d'une vidéo très bien conçue de présentation de l'île et de ses sites remarquables, notamment celui de Drakano, à l'extrémité Nord-Est d'Ikaria, au pied duquel nous sommes arrivés en bateau.
Construite au IVᵉ siècle av. JC, la tour de Drakano demeure l’un des plus imposants vestiges militaires de la mer Égée. Elle servait à surveiller les routes maritimes stratégiques entre Samos, Ikaria et les Cyclades. Haute de près de 40 mètres à l’origine, cette tour de guet faisait partie d’un réseau de fortifications protégeant les navigateurs.
Ce type de poste de guet facilitait également la communication entre régions par la transmission de messages par torches.

Nous apprenons également que la guerre civile (1945-1949) a marqué durablement l’histoire et la mentalité d’Ikaria. Près de 13.000 partisans communistes (alors que l’île ne comptait que 10 000 habitants) dont des hommes influents et célèbres comme le compositeur Mikis Theodorakis y furent alors déportés et exilés.
Comme toujours, une découverte plus approfondie de l'intérieur de l'île s'impose !
Ikaria est une île avec de très nombreuses forêts qui viennent contraster avec des paysages de granit et de schiste.
Au Sud, la côte marquée par des falaises abruptes reste déserte et le vent s'y déchaîne facilement sous les effets catabatiques dûs au relief.


La traversée Sud-Nord de l'île est sillonnée par de profonds canyons créant des routes avec des virages en épingles, plus ou moins entretenues.



Après une incursion dans la montagne sur une piste plutôt caillouteuse..., nous faisons halte dans le bourg de Rahes , formés par quatre hameaux connus sur l’île par son mode de vie : depuis le temps des pirates, les habitants ont pris l’habitude de vivre la nuit. Les villages s'éveillent paraît-il vraiment à partir de 20h...
Nous y trouvons néanmoins de quoi déjeuner à l'ombre des arbres de la rue piétonne dont l'entrée est marquée par de belles "pierres debout".


L'eau ne semble pas manquer sur Ikaria et des réserves naturelles font face au large !


Paysages emprunts de simplicité et d'authenticité.






La côte Nord d’Ikaria est l’une des plus venteuse de la mer Egée et nous y découvrons de très belles plages de sable et des points de vue remarquables.




En soirée, nous allons dîner à la terrasse d'une taverna et profitons du coucher de soleil sur l'archipel voisin de Fournoi.

Les chats d'Ikaria ont-ils la même longévité que les habitants de l'île ?
En tous les cas, ils se ménagent...

