4 octobre 2024.

Comme il ne se passera rien avant la semaine prochaine pour notre moteur, nous décidons de poursuivre notre découverte de l'intérieur de l'île d'Eubée.

En juillet, nous avions exploré le Sud au départ de Karystos, cette fois-ci nous allons nous concentrer sur le centre de l'île.

Location d'une petite voiture et nous quittons Chalkis en direction de Kymi, sur la côte sauvage d'Eubée.

Jolis points de vue sur la route.

Halte méridienne dans une taverna du port de Paralia Kymi, d'où partent les ferries pour l'île de Skyros où nous avions fait escale au printemps.

Le village de Kymi, perché dans les hauteurs au sein d'une belle végétation bénéficie d'une vue exceptionnelle dur la Mer Egée. Le bourg est actif et son patrimoine témoigne de la prospérité du commerce maritime au XIXe.

Nous poursuivons notre route vers l'intérieur des terres en direction du massif du Mont Dirfi, point culminant d'Eubée à 1 743 mètres d'altitude.

La route serpente dans des paysages grandioses, côtoyant des à-pics, des cirques montagneux, des pentes couvertes de forêts ou des amas rocheux.

A haute altitude, s'étendent de grandes forêts de sapins tandis qu'à basse altitude on trouve de nombreux châtaigniers, chênes, platanes.

Le tout avec la palette des couleurs automnales qui commencent à s'installer !

Les cyclamens sauvages sont en fleurs : l'automne s'installe.

Le Dirfis subit de fortes chutes de neige pendant l'hiver, car il est exposé aux courants froids du nord-est.

Effectivement dès la sortie du village de Kymi, les piquets à neige jalonnent la route ainsi que les panneaux routiers explicites...

Difficile à imaginer alors qu'il fait encore 28° en ce début octobre !

Tout au long de la route, d'innombrables ruches : nul doute que le miel ne doit pas manquer dans le secteur !

En fin de journée, nous faisons halte dans le petit village de Steni, accroché au flanc du Mont Dirfi.

Une pharmacie, une épicerie, deux cafés, deux hôtels et quelques tavernes... c'est le point de départ de nombreuses randonnées.

L'eau coule à flot dans les nombreuses fontaines du village.

Le stock de bois, devant chaque maison, laisse imaginer la rigueur de l'hiver.

Et, en cas de doute, une vue du mont Dirfi, sous la neige, montre le constraste été-hiver...

Dîner à la taverna "Platanos" avant une nuit calme et reposante au village.

5 octobre 2024.

Nous quittons Steni dans la matinée pour rejoindre la côte.

Le ciel se couvre rapidement mais nous apprécions néanmoins les paysages.

Nous sommes désormais au Sud du Mont Dirfi.

Un grand plateau révèle de nombreuses étendues maraîchères qui doivent profiter de l'eau descendant de la montagne.

Régulièrement les vestiges de tours médiévales scandent le paysage.

Pour rejoindre le Nord de l'île, un seul grand axe de communication dans un paysage très boisé.

Toujours les piquets à neige...

Ruches à gogo...

... et récolte de résine !

Les Grecs ont, de tous temps, utilisé la résine.

Dès l'Antiquité, elle servait à la fabrication de laques et de vernis

Pays rocheux et montagneux par excellence, la Grèce est peuplée de vastes forêts de pin. La résine représente du coup une ressource naturelle très utile pour la fabrication et la conservation de divers produits alimentaires.

Mais la résine n'a plus la cote et sa production est en chute libre. Le métier est en voie de disparition et on compte aujourd'hui 1 000 artisans dans la résine contre environ 3 500 dans les années 80.

Pourtant, le collecteur de résine représente un métier clé pour le gouvernement. Cette activité n'a aucun impact négatif sur l'environnement, et, en outre, elle résulte d'un savoir-faire artisanal ancestral, transmis de génération en génération.

Certains écrits, datés de 300 av. JC, expliquent les techniques encore utilisées aujourd'hui pour la collecte.

Ces artisans de la forêt représentent une armée de protecteurs pour l'écosystème : ils parcourent des kilomètres tous les jours, se faufilent entre les arbres sans les mettre en danger, surveillent leur production et donc leur état de santé ; ils permettent d'avoir une vision plus complète de l'état des forêts. Pour l'Etat, ils correspondent à une réserve de gardes forestiers permettant de prévenir les gardes officiels en cas d'urgence.


Cette résine de pin est aussi à l'origine du vin grec traditionnel appelé « retsina ».

C'est un vin blanc ou rosé léger dans lequel est rajouté de la résine de pin au cours de la fermentation. La résine stabilise le vin, lui permettant de mieux résister à la chaleur.

On pense que l'origine de cette recette viendrait des temps antiques lorsque l'étanchéité des amphores à vin était assurée par un badigeonnage interne de résine. Le goût donné au vin aurait été ensuite reproduit par habitude gustative.

Elle lui donne un goût particulier, âpre et franc, qui au premier contact désoriente le consommateur.

Personnellement, c'est souvent mon apéritif quand le capitaine s'adonne à l'ouzo !

Le ciel est désormais entièrement couvert et la pluie s'invite.

Il faut lever le pied pour négocier les innombrables virages de la route...

Nous poursuivons néanmoins notre route vers le Nord.

Toute la zone où nous arrivons a fortement souffert du gigantesque incendie d’août 2021. Des centaines de personnes avaient dû être évacuées par la mer pour échapper aux flammes de l’incendie attisé par les vents violents. Le long des routes, les résidents aspergeaient d'eau leurs terrains, tandis que les flammes engloutissaient les zones boisées. Plus de 50 000 hectares de l'île ont été détruits dans ce secteur, comme en témoigne une image satellite de l'époque.

Ces incendies sont malheureusement récurrents sur tout le bassin méditerranéen où les canicules deviennent catastrophiques, n’en déplaise aux climato-sceptiques…


Nous poussons jusqu'au petit port de Limni, bien calme en cette saison et surtout sous la pluie...


Cette escapade de deux jours nous a bien changé les idées et nous avons une fois encore apprécié le charme de l’intérieur des îles, indéniablement supérieur à celui d’un moteur Volvo !!!