29 mai 2026
La péninsule du Pélion est l’un des secrets les mieux gardés de Grèce. Pas parce qu’elle est oubliée, les grecs la connaissent très bien, mais parce qu’elle attire encore peu de visiteurs étrangers. Nous l'avions découverte en 2021 et avions très envie d'y retourner...
Volos étant la porte d'entrée du Pélion, nous y laissons Bellisa bien amarré et louons une voiture pour rejoindre le Pélion.
Nous consacrons la première journée à la partie Oues puis Sud de la péninsule que nous connaissons depuis la mer pour y avoir fait de très beaux mouillages.
La côte occidentale du Pélion longe le golfe, ce bras de mer à moitié fermé aux eaux calmes et peu profondes. C’est la côte préférée des familles grecques : des plages faciles d’accès sans trop de vagues, des tavernes de poissons au bord de l’eau.
L’ambiance est décontractée et la fréquentation reste très grecque.


Les quelques hameaux traversés sont calmes et hors du temps.

Nous avons envie de rejoindre Trikeri, à l'extrémité de la péninsule, village que l'on aperçoit depuis la mer en entrant dans le golfe.

La route reliant Trikeri au reste du Pélion n’a été ouverte qu’en 1984 et jusque-là, le village ne communiquait avec l’extérieur que par la mer, via son port d’Agia Kyriaki, 4km plus bas. C'est là que nous nous rendons pour une petite pause méridienne au bord de l'eau : maisons en pierre ou blanchies à la chaux, barques de pêche, et un chantier naval traditionnel toujours en activité, héritier d’une tradition de construction navale qui remonte au XVIIIe siècle.






Les chats sont nombreux pour profiter des largesses des pêcheurs ou des restes des tavernas de poissons...




Bien sûr, les poulpes fraîchement pêchés sèchent au soleil !



Avant de rejoindre la montagne, nous surplombons l'un de nos mouillages préférés :

Nous poursuivons notre route vers le cœur du Pélion sud-ouest pour passer la soirée et la nuit à Vizitsa. Ce village traditionnel est protégé : ses archontika (grandes demeures en pierre des marchands de l’ère ottomane) sont parmi les mieux conservées du Pélion, certaines transformées en chambres d’hôtes.



Nous dînons sur la place du village à l'ombre des platanes dont le plus grand serait millénaire !

Nuit au calme dans l'une de ces superbes maisons et petit déjeuner sur la terrasse.


Les toits de lauzes sont spectaculaires !







30 mai 2026.
Nous poursuivons notre route pour faire le tour du mont Pélion qui culmine à 1 547 m.
Les routes serpentent dans des paysages qui changent à chaque virage : forêts denses de platanes, de hêtres et de châtaigniers, puis soudain une crique turquoise en contrebas.



Visite d'un petit monastère sur le versant Est où une moniale nous ouvre la porte de l'église.



Ici, comme dans tout le Pélion, on se chauffe au bois et les maisons ont toutes une cheminée.


Les hivers y sont enneigés, preuve en est la petite station de ski au-dessus de Chania...


Le Pélion a connu une grande prospérité aux XVIIIe et XIXe siècles grâce au commerce de la soie et à une autonomie partielle accordée par les Ottomans. Cette richesse explique l’architecture exceptionnelle des villages : maisons en pierre à toits d’ardoise, fontaines sculptées, kalderímia(chemins pavés), églises ornées de fresques.
Nous rejoignons le village de Kissos, lui-aussi typique du Pélion.








La traditionnelle place du village à l'ombre des platanes se retrouve partout et doit être particulièrement convoitée en été.




Selon la mythologie grecque, le Pélion serait la « montagne des Centaures », patrie de Chiron, le plus sage d’entre eux, précepteur d’Achille, de Jason et d’Asclépios, et résidence d’été des douze dieux de l’Olympe.
Bon choix au-milieu d'une nature généreuse, de la verdure luxuriante, au son des innombrables oiseaux et de l'eau des cascades et des fontaines...






Sur notre descente vers Volos, nous croisons un beau troupeau de chèvres dont le berger canalise la traversée de la route...





Les grecs ont bien raison de préserver leur joyau vert...
Cela donne bien envie d'y venir randonner sur les kalderímia qui sont l’âme du Pélion. Ces chemins taillés à la main dans la pierre, parfois sur des centaines de mètres de dénivelé, ont servi pendant des siècles de seule liaison entre les villages. Les mulets y transportaient la soie, les olives, le bois, les marchandises des foires.
Aujourd’hui, 29 itinéraires ont été restaurés et balisés, représentant environ 190 km de sentiers accessibles, entretenus par des associations de bénévoles.