25 avril 2026.

Les travaux de sortie d’hivernage se terminent au chantier.

Nous avons séjourné, pendant ces quelques jours, chez Dimitris qui, comme d'habitude, nous a merveilleusement accueillis.

Nous avons ainsi des nouvelles de toute sa famille et il nous a encore beaucoup appris sur les traditions et le quotidien des grecs.

Nous regagnons Bellisa avec une multitude de cadeaux de sa part : bien sûr de l'huile d'olive de sa production, mais aussi une bouteille de raki, une autre de limonade maison, un plein sac d'excellentes pommes de terre bio et il nous invite à faire une cueillette de citrons et de mandarines dans son jardin...

Quelles touchantes gentillesse et générosité !


A bord de Bellisa, installation de la nouvelle grand voile (réalisée à Athènes) et de la nouvelle capote de protection (faite sur place par Sotiris à Leros).

Après les derniers préparatifs, nous profitons d’une bonne météo pour effectuer la mise à l’eau de Bellisa.

Notre réfrigérateur est mal luné et refuse de démarrer, il commençait à faire des siennes à l'automne dernier. Ne trouvant pas de solution au chantier, nous avions l'intention de nous rendre sur l'île voisine de Patmos dans l'espoir de régler le problème.

C'est en évoquant ce dysfonctionnement lors de notre dernier repas à la taverna "To Steki" avec le patron Dimitri que celui-ci décroche son téléphone pour contacter son ami et frigoriste Nikos... Rendez-vous est pris pour le lendemain !

Comme le dit Dimitri :

"A Leros, on trouve tout ce dont on a besoin : il suffit d'avoir des amis..."

Donc, dès la remise à l'eau, nous filons vers le petit quai d'Alinda où Nikos nous attend.

Et, moins d'une heure après, notre réfrigérateur est réparé...

Merci aux amis de Leros !

Nous pouvons donc poursuivre notre route jusqu'au mouillage de Koulouki pour remettre à poste nos voiles d'avant avant d'y passer une nuit tranquille.


26 avril 2026

Pour faire notre avitaillement en frais (maintenant que le frigo fonctionne...), nous rejoignons le quai public de Lakki et nous nous amarrons à côté du voilier "Terus", qui était déjà notre voisin au chantier. Nous échangeons nos adresses avec Thierry et Geneviève, ses propriétaires. C'est ainsi que Nikos, le frigoriste, vient dépanner Thierry et que Geneviève m'indique des commerces que je ne connaissais pas encore à Lakki...

C'est aussi l'occasion de parfaire le nettoyage des bateaux : concours de brillance pour nos inox respectifs !

Le temps passe vite entre les bricolages et balades à terre.

Découverte d'une petite chapelle dans la baie voisine :

Nous profitons de ces quelques jours à quai pour installer à bord le "matiasma" que nous avons rapporté d'Istanbul.

Mais de quoi s'agit-il ?...

L’œil bleu a été officialisé comme talisman durant le déclin l’Empire ottoman au XVIIIème siècle. Ce sont les premiers artisans verriers arabes installés dans la ville d’Izmir en Turquie actuelle, qui voient leur art perdre de leur popularité en Anatolie.

Ils décident alors de créer un talisman de verre en forme d’œil qui incarnerait la légende du mauvais œil. C’est un véritable succès et ce symbole s’intègre peu à peu dans les mœurs et la culture de nombreux pays du bassin méditerranéen.

Cet oeil bleu, connu sous le nom de Matiasma en Grèce ou Nazar Boncuk en Turquie est une mesure de protection pour repousser le mal.

En Grèce, le matiasma est très populaire. Le talisman est composé d’un disque de verre en forme de goutte. A l’intérieur, quatre cercles concentriques vont du bleu foncé au noir, en passant par le blanc et le bleu clair.

Le matiasma est ancré dans la tradition du pays et on le retrouve partout pour se protéger du mauvais œil. 

Depuis longtemps, nous cherchions à un trouver un qui s'intègre à l'intérieur de Bellisa.

C'est à Istanbul que nous l'avons trouvé...

Restait à le fixer dans le bateau : là encore, Dimitris est venu à la rescousse en nous préparant un support en bois adéquat :

Préparation des fixations, collage et temps de séchage de notre matiasma en céramique et enfin installation à bord :

Détail supplémentaire : les grenades.

C'est Dimitris qui nous explique leur importance :

Le jour de l'An, le chef de famille se rend à l'église en compagnie de sa famille et emporte avec lui une grenade afin qu’elle soit bénie par le pope. Au retour, il frappe à la porte afin de se faire ouvrir et devenir ainsi le premier invité de l’année à entrer dans la maison.

À minuit, toute la famille éteint les lumières et sort sur le porche de la maison. Le propriétaire projette alors la grenade sur le seuil de la porte de façon à ce qu'un maximum de graines de grenade se disperse dans toutes les directions. Plus il y a de grains éparpillés et plus l’année sera prospère ! Les enfants ramassent ensuite les grains de grenade les plus brillants et les plus mûrs. L'année à venir comptera autant de jours heureux et réussis que de graines ramassées.

Dimitris nous raconte avoir toujours vu son père lancer la grenade au sol le 1er janvier !

Nous voici donc sous la protection conjuguée du matiasma et des grenades...


Et voilà déjà le jour d'arrivée de Philippe et Lydie qui vont retrouver leur fidèle "Yemaya".

Entre nos bricolages respectifs, nous nous accordons le temps de quelques tavernas et balades alentour.

3 mai 2026.

Réveil avec 15° dans le bateau et ciel chargé.

Le vent va encore monter sur toute la Mer Egée : force 8, rafales à 10 annoncé !

Il a neigé sur les montagnes du continent et même sur celles de l'île de Samothrace, dans le Nord.

La baie de Lakki, bien protégée, s'est remplie ces derniers jours de bateaux venant s'abriter.

Tous les équipages se réfugient en mode igloo dans les bateaux pour laisser passer la pluie et le mauvais temps.

Ceux qui s'aventurent à terre ont sorti les polaires et les cirés...

Les prévisions pour la nuit sont musclées et la température va encore baisser !

Donc patientions à l'abri à quai...