31 mai 2024.
Départ de Myrina pour rejoindre un mouillage au Nord de Limnos afin de bien nous positionner avant de traverser vers Samothrace.
Jolie brise portante qui nous permet de naviguer sous génois seul, le long d'une côte qui n'est pas sans nous rappeler la côte sauvage de Belle Ile !


Le mouillage est bien joli et protégé mais une invasion de mouches vient gâcher le plaisir... Aux grands maux, les grands remèdes, nous sortons le "tortillon collant" : certes la récolte semble bonne, mais ce n'est qu'une infime partie de ce qui reste à bord...




1er juin 2024.
Départ matinal pour rallier l'île de Samothrace. Nous profitons d'une météo parfaite pour effectuer les 34 miles nautiques : un régal !




Arrivés dans le port de Kamariotissa, nous nous mettons à couple de Yemaya car les places pour les voiliers sont peu nombreuses.

Kamariotissa est un petit port de pêche qui accueille également le ferry qui relie Samothrace avec la ville d'Alexandropouli, sur le continent.






La pêche à la senne requiert le travail de tout l’équipage pour ramender les mailles fines du filet servant à entourer et emprisonner les bancs de sardines ou d’anchois.




Nous sommes rapidement intrigués par des bouillonnements plus ou moins importants à la surface de l'eau, par la remontée d'algues et par une odeur peu agréable d'oeuf pourri... Il semblerait qu'il s'agisse de remontées d'émanations gazeuses : très surprenant, cela ne semble inquiéter personne... sauf nous, surtout sur un bateau en aluminium !
L'île de Samothrace se situe dans le nord de la mer Égée, à 40 km de la côte européenne et de la côte asiatique. Montagneuse, avec un littoral escarpé, elle se repère de loin en mer par sa forme triangulaire massive où culmine le mont Fengari, le point le plus élevé de l’île, avec ses 1611m. C’est depuis cette montagne que, selon Homère, Poséidon observait la guerre de Troie.

Pour les Grecs anciens, Samothrace était une île brumeuse, peuplée d’êtres étranges et située aux portes de l’inhospitalier Pont-Euxin (la mer Noire), mais également un lieu parfait pour s’abriter des violents vents du nord.
La renommée de Samothrace était liée à la présence d’un important culte dédié à des divinités mentionnées sous le nom de Megaloi Theoi : les Grands Dieux.
De nombreux pèlerins effectuaient le difficile voyage jusqu’à Samothrace pour prier au sanctuaire des Grands Dieux, dédié à des divinités protectrices des navigateurs. Des offrandes votives y étaient déposées à l’image de la Victoire de Samothrace, une sculpture grandiose représentant une Niké, ou Victoire ailée.
Découverte en 1863 par l’archéologue français Charles Champoiseau, elle est aujourd’hui exposée à Paris, au musée du Louvre.
Aujourd’hui en ruines, ce complexe de temples abritait une religion mystérieuse dont très peu de choses sont connues sur ses rites secrets. N’importe qui, du roi à l’esclave, pouvait être initié, et l’on pense que des personnages historiques en ont fait partie, notamment Philippe II de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand.
A notre tour de nous rendre sur place et d'admirer la copie de la fameuse Victoire de Samothrace, cette statue ailée qui représente Niké, la déesse grecque de la victoire et du triomphe.









A cinq kilomètres du port, dans les terres, se situe Chora, la capitale de Samothrace.
Ce village est construit à flanc du mont Saos à 300 mètres au-dessus de la mer et le château de la famille Gatezuli construit sur une citadelle de style byzantin du Xe siècle domine l'ensemble.

Nous empruntons les ruelles pavées pour rejoindre les vestiges du château. Le bâti est celui de villages de montagne et les grands platanes apportent un ombrage apprécié.











Grâce à sa montagne élevée, les précipitations sur Samothrace sont suffisantes pour ne pas manquer d’eau : l’île dispose de sources et de cours d’eau alimentés toute l’année, dans lesquels il est possible de se baigner et d’un couvert végétal très vert et agréable.

Nous découvrons donc une île couverte de chênes, pins, châtaigniers, arbres de Judée, platanes d'Orient, plantes du maquis, ce qui lui donne un aspect tout à fait particulier.
Il n'est pas fréquent, en Grèce, de voir de nombreux hortensias et de marcher au milieu des fougères...

Il y a plus de cent piscines naturelles disséminées sur l’île dans la végétation abondante entre les grands arbres, les cascades et les petits ruisseaux.
Tentant, non ? Bien sûr, nous ne résistons pas et partons en randonnée à Fonias, en remontant le ruisseau jusqu'à la première cascade.









Si la nature est particulièrement belle à Samothrace et son site antique très intéressant, le port nous laisse un souvenir mitigé et l'accueil y est très "rustique".