30 avril 2025.

Le port d’Astros s’est complètement rempli de voiliers venant s’abriter du vent de Nord qui sévit au large.

Chacun patiente dans ce petit coin bien tranquille en cette fin avril. Nous faisons le choix de profiter de cet arrêt pour louer une voiture et découvrir la montagne alentour.

Le choix de destination est large et pour le premier jour, nous décidons de descendre par la route côtière en corniche jusqu’à Leonidio avant de rentrer dans les terres.

Capitale de la région, Leonidio est construite dans la fertile vallée du Dafnon, sous d'impressionnants rochers rouges devenus un site d'escalade renommé. Le vieux quartier de Leonidio, avec son labyrinthe de ruelles et de vieilles maisons, s'étend sous l'immense rocher « Kokkinovrachos ».

Ces dernières années, grâce à ses impressionnants rochers, Leonidio est devenue une destination d'escalade avec plus de 1 000 voies de différents degrés de difficulté. Lors du Festival de l'Escalade organisé en novembre, Leonidio se remplit de grimpeurs du monde entier.

En cette fin avril, nous y croisons de nombreux grimpeurs, mais aussi des randonneurs et des cyclistes qui sillonnent le secteur.

Pour nous, ce sera plutôt découverte de monastères accrochés également à la paroi.

Le premier, celui de Sintza, dédié à Agios Nikolaos, est situé à 6 kilomètres au nord-ouest de Leonidio, dans une zone difficilement accessible comportant de nombreuses grottes.

La date exacte de sa fondation n'est pas connue. Certes 1783 est inscrit sur le linteau, mais le monastère a certainement fonctionné bien plus tôt, puisqu'il est mentionné dans un document patriarcal de 1622. 

Concernant l'étymologie du nom, diverses opinions ont été exprimées : La version dominante veut que le nom de Sintza soit lié au mot du dialecte tsakonien sytza, qui signifie figuier - probablement en référence à un figuier qui poussait dans une grotte voisine. 

Nous sommes immédiatement accueillis par une nonne qui nous offre de nombreux loukoums en guise de bienvenue !

Les bâtiments sont maintenus en bon état, particulièrement propres et fleuris. La visite des lieux est impressionnante dans un tel environnement.

Le silence alentour ajoute à la qualité du lieu.

Nous repartons avec quelques cadeaux de la nonne : concombre et oranges !

Quelle belle mise en jambes !

Nous poursuivons notre route en remontant les impressionnantes gorges du Badron pour découvrir le monastère de la Panagia Elona.

Lieu de pèlerinage important d'Arcadie, puisque l'icône de la Vierge Marie qu’il renferme est considérée comme miraculeuse, il se dresse sur un rocher escarpé au-dessus du ravin.

Le monastère remonte au XVIe siècle. Il a beaucoup souffert pendant l'occupation turque, a été détruit en 1770, avant d’être reconstruit, et a joué un rôle important dans le déroulement de la Révolution de 1821.

L’entrée est impressionnante…

Son catholicon de 1809 abrite une iconostase en bois sculpté du XIXe siècle.

Encore un lieu grandiose mais moins intimiste que Sintza, à notre goût. Du reste, les producteurs locaux viennent proposer miel et confitures à l’entrée du monastère, conscients de sa fréquentation.

On finirait par faire les difficiles…

Nous poursuivons notre incursion jusqu’au village de Kosmas dont les sept platanes centenaires de sa grand-place font la fierté des habitants. De ce village de montagne, aux maisons de pierre et ruelles pentues, partent de nombreux chemins de randonnée.

Mais avec le vent du Nord et les 9° ambiants à 1 100 m d’altitude, nous ne nous installons pas en terrasse !

La température s’améliore en redescendant vers la mer.

Dans la vallée et notamment sur les rives du Dafnon les maraîchers de Leonidio cultivent la terre et sont particulièrement fiers de leurs aubergines qui ont obtenu de l’Europe le label d’appellation d’origine protégée (AOP) en 1996 ! De quoi, le faire savoir aux touristes…

La saison maraîchère s’annonce prometteuse.

Nous terminons cette journée en allant faire du repérage sur les trois petits ports susceptibles de nous accueillir mais d’une part les conditions météo n’y sont pas favorables et d’autre part plusieurs bateaux y sont en hivernage à flot, occupant ainsi presque toutes les places.

Nous serons donc très bien à Astros jusqu’à l’amélioration de la météo.

Petite visite avant de rentrer à bord à l’olivier de Koutroufa, toujours bien en forme malgré ses 2 500 ans !