1er mai 2025.

À la moindre occasion, les Grecs présentent leurs vœux. Ils ne se contentent pas de dire bonjour ou kalimera, ils se souhaitent une bonne semaine (kali edbomada), un bon mois (kalo mina), la santé (i igia pano ap'ola)... Une politesse spontanée qui exprime une gentillesse naturelle et culturelle.

Donc, bien évidemment, en ce 1er mai, chacun y va de son «καλό μήνα »  !

Depuis le 1er mai 1886, le 1er mai est la fête dédiée aux travailleurs. Mais en Grèce, c’est aussi la fête des fleurs.

Pendant cette fête, les Grecs vont ramasser des fleurs sauvages, qu’ils utilisent ensuite pour créer des couronnes qu’ils accrochent à la porte d’entrée ou au balcon de leur maison. Ces fleurs vont porter bonne chance aux habitants de la maison. Ils vont garder la couronne jusqu’au 23 juin, la veille de la Saint Jean, où elle sera brûlée.

Il n’est pas bien difficile à cette période de l’année de trouver dans la nature de quoi fleurir son « chez soi »…

A bord de Bellisa, un bouquet plutôt qu’une couronne !

Donc, en ce 1er mai, nous partons faire le tour du massif du Parnon qui s’étire sur 50 km du Nord au Sud et sépare la Laconie (à l’Ouest) de l’Arcadie.

Le mont Parnon culmine à 1 940 mètres.

Jusqu’à 700m d’altitude les flancs sont couverts d’un épais maquis méditerranéen qui cède ensuite la place à des forêts denses de feuillus puis de conifères jusqu’à 1 700 mètres. Au-delà, la végétation devient rase.

La route qui serpente dans la montagne nous conduit à Kastanitsa.

Le village est situé à 840 m d'altitude et est entouré de ravins verdoyants plantés de châtaigniers, de sapins et de platanes. Ce sont du reste ces châtaigniers qui ont donné son nom au village. Village classé, il est considéré comme l'un des plus beaux villages de montagne de Grèce.

En ce jour plutôt frisquet, nous sommes quasiment seuls à le découvrir.

C’est un labyrinthe de maisons et de petites rues sur un des versants de la montagne. Toutes les maisons sont construites en pierre et blanchies à la chaux avec une teinte bleutée tandis que les toits sont couverts d'ardoise du Parnon.

La plupart sont ornées de portiques et d'arches et agrémentées de cours intérieures. Beaucoup de maisons sont en forme de tour et ont été construites par des tailleurs de pierre de Langadas il y a plus de 300 ans.

Surplombant Kastanitsa se trouvent les ruines de la tour Kapsambelis, d’où la vue est impressionnante. On pense qu’elle fut construite au XIVe siècle par les Byzantins pour contrôler la voie menant d'Argolide à la plaine de Laconie. Haute de plus de 8 m, elle comportait deux étages et des créneaux. Les habitants s’y regroupèrent pour se protéger des Turcs et en 1810 elle fut entretenue aux frais du chef des armées Kapsampelis. Elle fut démolie en 1945, pendant la guerre civile.

Un vrai plaisir que celui d’arpenter ces ruelles entre d’impressionnantes bâtisses.

Et, bonne surprise, au détour d’une ruelle, nous trouvons une petite taverna à l’accueil très chaleureux pour une pause méridienne ! Nous en partons avec tous les conseils pour la suite de notre tour du Parnon…

En arrivant à l’Ouest du massif, nous apercevons au loin le mont Taygète encore enneigé

Les paysages se succèdent chacun avec sa beauté spécifique.

Traversée d’un plateau fertile :

… et passage dans le petit bourg de Kerasitsi, village natal de Grigoris Lambrakis.

Mort le 27 mai 1963 à Thessalonique, Lambrakis était un médecin, un athlète et surtout un homme politique grec. Son assassinat est le sujet des roman et film Z, et a entraîné indirectement le coup d'État de 1967 qui instaure la dictature des colonels.

A cette époque de tension entre les Etats Unis et l’URSS, Lambrakis prend l’initiative d’une Marche pour la Paix, de Marathon à Athènes le 21 avril 1963. Le gouvernement interdit ce défilé. Se considérant protégé par son immunité parlementaire, Lambrakis effectue seul le parcours en brandissant une banderole où le mot « Grèce » est entouré du symbole pacifiste.

Un exemple à suivre…