12 avril 2026.

Et voilà, nous foulons le sol d'Istanbul... et le taxi qui nous transporte de l'aéroport au quartier de Sultanhamet où nous séjournons est digne des "Mille et Une Nuits" !


Byzance, Constantinople, Istanbul ?...

Tour à tour romaine, byzantine, chrétienne, musulmane et laïque, cette immense cité règna des Balkans au Golfe Persique et du Caucase à l'Egypte.

Connue sous le nom de Byzance du VIIe au IVe avant JC, elle fut tour à tour Byzance hellénistique puis Byzance romaine.

En 306, Constantin Ier monte sur le trône d'une Rome en déclin. Le monde antique se tourne vers l'Orient et l'empereur décide de déplacer sa capitale vers l'Est pour y fonder la "Nouvelle Rome" dans ce site doté, tout comme Rome, de sept collines : Byzance devient alors Constantinople.

L'empire byzantin étend son influence sur toutes les cités de Grèce et d'Asie Mineure, du IVe au XVe siècle.

Mais l'irrésistible avancée des Ottomans entraîne la prise de Constantinople par le sultan Mehmet II. En 1453, Constantinople devient la capitale ottomane d'Istanbul et des sultans de renom, comme Soliman le Magnifique, redonnent prospérité à la cité.

A la fin du XVIe siècle, l'Empire voit son économie passer peu à peu aux mains des puissances occidentales et au XIXe siècle, Allemands, Français et Britanniques se partagent le commerce sur le Bosphore.

Après la 1ère guerre mondiale et la défaite de l'Empire ottoman, allié de l'Allemagne, Istanbul subit l'occupation franco-anglaise.

Mustafa Kemal riposte en entraînant les Turcs dans une guerre d'indépendance qui aboutit à la création de l'actuelle Turquie.

Le sultanat est aboli et la République proclamée : son premier président, Mustafa Kemal, est alors surnommé Atatürk, le "père des Turcs".

Autant dire qu'avec un tel passé, Istanbul est une découverte de choix !

Si Istanbul a perdu en 1923 son rôle de capitale officielle au profit d'Ankara, elle reste celle de la culture et la fenêtre de la Turquie sur l'Europe.

Durant l'hiver, nous avons peaufiné nos recherches et nos lectures sur cette cité hors du commun.

Grâce au livre passionnant de Mahir Guven ("Istanbul" aux Editions "L'arbre qui marche"), nous avons glané de nombreuses pistes pour découvrir Istanbul en essayant de sortir des sentiers battus.


Nous avons fait le choix de loger dans le quartier de Sultanhamet qui occupe la première colline d'Istanbul. S'étendant de la pointe du sérail à l'embouchure de la Corne d'Or, il concentre des merveilles architecturales et les témoignages des brillantes civilisations qui ont façonné l'histoire de la ville.

C'est ainsi que nous découvrons l'esplanade où Sainte Sophie et la Mosquée Bleue se font face, séparées par les vestiges de l'hippodrome romain.

Sainte Sophie (Hagia Sophia : Sagesse divine en grec) vit ses fondations de première basilique s'élever au IVe siècle. Les évolutions et agrandissements se succédèrent mobilisant des milliers d'ouvriers.

Après la prise de Constantinople par les Ottomans, la basilique devient mosquée.

Au début du XXe siècle, Atatürk la convertit en musée.

C'est en 2020, que l'actuel président Erdogan décide de rendre Sainte Sophie au culte musulman.

Lors de notre séjour, Sainte Sophie est recouverte d'échafaudages pour une rénovation extérieure.

La queue de touristes qui piétinent pour la visite et le prix d'entrée prohibitifs, nous incitent à faire des choix pour profiter au mieux de notre court séjour...

Nous décidons donc de ne pas visiter l'intérieur de Sainte Sophie et partons à la découverte de la Mosquée bleue.

Toisant Sainte Sophie, elle lui oppose la grâce de ses lignes et sa luminosité intérieure.

Les cascades de coupoles sont superbes.

Point de départ des pèlerins se rendant à La Mecque, la Mosquée bleue fut dotée de six minarets à l'instar de la mosquée de la Mecque... ce qui provoqua l'ire des religieux ! Pour les contenter et gagner le droit de conserver ses minarets, l'architecte de la Mosquée bleue dut financer sur ses propres deniers un septième minaret à la Mecque pour maintenir la prédominance...

La salle de prière est spectaculaire et la mosquée doit son surnom à ses 20 000 carreaux de faïence bleue d'Iznik.

Le soir, le spectacle est tout aussi envoûtant.


Dans le même quartier de Sultanhamet, la visite de la citerne basilique est exceptionnelle.

Véritable forêt de 336 colonnes de 8 mètres de hauteur, cette splendide citerne byzantine est la plus grande citerne souterraine d'Istanbul (140 mètres sur 70).

Elle pouvait contenir jusqu'à 80 000 m3 d'eau qui étaient acheminés par 20 km d'aqueducs depuis un réservoir proche de la mer Noire.

Les Ottomans s'en servirent pour alimenter en eau le palais Topkapi, ancien sérail impérial.


Le lieu est propice à l'exposition d'oeuvres d'art.

Un concentré de merveilles dans un quartier qui a traversé l'Histoire !

Nous avons fait une sélection de sites mais il en reste encore beaucoup d'autres dans Sultanhamet qui méritent la visite.

Comme le dit Mahir Guven :

"On peut compter autant d'Istanbul que de périodes historiques dans la région, tout comme on peut compter autant d'Istanbul que de voyageurs qui la visitent. Istanbul se métamorphose pour eux et les métamorphose au passage."

Nous allons donc consacrer les jours qui nous restent à d'autres visages d'Istanbul.