La ville d'Istanbul s'étend sur les rives du Bosphore, détroit de 32 km de long qui sépare l'Europe et l'Asie.

Ce détroit est sillonné de bateaux de toutes sortes, notamment des cargos qui empruntent ce passage entre la mer Noire au Nord et la mer de Marmara au Sud.

La partie européenne, où vivent les deux tiers des 16 millions de Stambouliotes, est coupée en deux par la Corne d'Or, une ria de 7 km de long formant un port naturel à l'abri des courants violents du Bosphore.


Nous sommes donc bien évidemment tentés par une navigation sur ces deux axes.

Certes, les bateaux de tourisme de compagnies privées offrent une multitude d'options de croisière, mais là encore, nous suivons les conseils de Mahir Guven.

Une ligne maritime municipale empruntée par les Stambouliotes permet de naviguer de manière très économique sur un "vapur" : l'occasion de nous mêler ainsi aux habitants.


13 avril 2026.

Première navigation : remontée de la Corne d'Or ! Nous traversons à pied le pont de Galata qui l'enjambe pour aller prendre le vapur à Karakoï.

Les pêcheurs à la ligne sont installés sur le tablier supérieur du pont, indifférents à la circulation intense... L'étage inférieur aligne quantité de restaurants de poissons.

La vue sur les deux rives de l'embouchure de la Corne d'Or est très belle.

Nous trouvons le bon vapur qui va nous mener jusqu'à Eyüp en s'arrêtant d'une rive à l'autre à des embarcadères (iskele).

Découvrir cette partie de la ville depuis le bateau est un vrai régal !

Nous descendons à Eyupsultan pour poursuivre la découverte à terre.

C'est ainsi que nous arrivons au complexe d'Eyüp : l'un des principaux lieux saints de l'islam turc.

La mosquée se dresse sur une vaste esplanade.

La salle de prière est très vaste, coiffée d'une coupole au plan octogonal.

Une petite cour intérieure relie la mosquée au tombeau d'Eyüp, important lieu de pèlerinage.


Non loin de là, nous empruntons le téléphérique pour accéder au sommet de la colline et profiter de la vue sur la Corne d'Or.

Pause pour déguster un petit thé au café Pierre Loti.

En effet, Pierre Loti, jeune officier de marine, vécut quelques années à Istanbul et avait ses habitudes dans ce petit café installé dans une maison en bois qui lui inspira plusieurs scènes de son roman Aziyadé.

C’est par le cimetière d’Eyüp, qui se développa autour de la mosquée, que nous regagnons les rives de la Corne d’Or.

Vaste espace vert parcouru d’allées, ce cimetière est un lieu où les Stambouliotes aiment flâner entre les stèles, celles des hommes portent le turban ou le fez et celles des femmes sont sculptées de fleurs.

Revenus au niveau de la mosquée, balade entre les mausolées de marbre que se firent édifier les dignitaires ottomans de l’époque.

Retour par le vapur jusqu’au quartier de Sultanhamet où nous logeons.


14 avril 2026.

Cap sur le Bosphore, toujours par le vapur !

Ce couloir maritime entre Europe et Asie a une largeur qui varie entre 3 km et 500 m. Sa profondeur de 80 m permet depuis toujours aux plus gros navires marchands d’échanger les richesses de l’Orient, de la Russie et de la Méditerranée.

Nous longeons le somptueux palais de Dolmabahçe.

Vue directe sur la mosquée d’Ortaköy :

Le long du parcours, les trois ponts suspendus apportent des éléments de modernité.

A Bebek, nous traversons le Bosphore pour débarquer sur la rive asiatique à Anadolu Hisari.

Les yalis ottomans, luxueuses résidences en bois des XVIIIe et XIXe, bordent le rivage.

La forteresse enclavée dans la cité fut édifiée à la fin du XIVe dans le but d’attaquer Constantinople.

Elle fait face à la grande forteresse de la rive opposée dont les tours et murs crénelés se dressent à flanc de colline.

Petite pause à terre et nous gagnons à pied l’embarcadère de Kandilli pour reprendre le vapur et faire le trajet retour en sens inverse.

Belle vue sur Küçüksu Pavilion, palais d’été sur la rive asiatique !

A bord des vapurs, vente de thé ou de fruits…

Superbe journée où le Bosphore a bien tenu ses promesses...